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International Day of Education 2026 Comment les jeunes U-Reporters de la RCA aident les enfants victimes des conflits armés à retourner à l'école
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Un jeune, une voix! Bachir nous parle du conflit en Centrafique

Cette semaine "Un jeune, une voix" s’ouvre à Bachir NIANG SO, un jeune activiste centrafricain. En plus des questions ordinaires posées dans le cadre de cette section, cet étudiant en Sciences sociales et en communication pour le développement à l’université de Bangui nous parle aussi de son pays qui traverse une situation politico-militaire et humanitaire difficile actuellement.

Le 23 mars 2013, votre pays la Centrafrique a connu un nouveau coup d’Etat, après un précédent remontant à mars 2013. Quelle est la situation actuelle dans la zone où vous êtes ?

En effet, Le 15 mars 2003, le général François Bozizé prenait le pouvoir et se proclamait président de la République centrafricaine. Dix ans plus tard, le 23 mars 2013, après plusieurs mois d’une conquête du pays, la Séléka, coalition de divers groupes armés, renverse l’ancien putschiste Bozizé, et son leader, Michel Djotodia, s’autoproclame chef de l’État.

Principale victime de ce jeu politico-militaire, la population souffre depuis des mois : exécutions sommaires, violences sexuelles, attaques ciblées selon l’appartenance religieuse et ethnique, actes de torture, disparitions, recrutement d’enfants soldats, pillages à grande échelle.

Dans les campagnes comme dans les villes, les gens ont fui, soit vers des pays voisins (Tchad, Cameroun, République Démocratique du Congo), soit en brousse, quand ils n’ont pu s’échapper au-delà. Dans la capitale, Bangui, après plusieurs semaines, les pillages et diverses exactions se poursuivent.

Sur le terrain, des organismes des Nations unies, quelques ONG et les Eglises essaient de faire face à la détresse de la population qui manque de tout : soins de santé, alimentation … Dans presque tout le pays, les écoles sont fermées. A l’intérieur du pays, la situation est aussi inquiétante. Bangassou par exemple, dans l’est du pays, n’est plus ravitaillée que par les vols humanitaires : plus d’eau, plus de carburant, donc plus d’électricité. Comment faire fonctionner les centres de santé ? L’argent manque, incontestablement. Mais c’est surtout l’insécurité généralisée qui rend la situation particulièrement précaire et instable dans ce pays de 4,5 millions d’habitants sur 650.000 km².

Crois-tu, comme certains, que le conflit centrafricain est oublié par la communauté internationale? Explique-nous.

Je ne crois pas que ce conflit soit oublié par la communauté internationale. Depuis plus de cinq ans, la République centrafricaine est considérée comme un pays instable, car c’est un pays qui a une périodicité de stabilité très limitée. Et de tout temps, la communauté internationale a apporté ses appuis multiformes pour le rétablissement total du pays. Et donc, tant que la paix durable ne revient pas en RCA, la communauté internationale n’oubliera pas le pays.

En quelques mots, quel est ton engagement citoyen ?

Je suis Président d’une association de protection des droits de l’enfance en République Centrafricaine, Responsable d’IEC (Information, Education et Communication) au centre d’Information d’Education et de Communication pour la Santé sexuelle des Jeunes (CISJEU)

Dans la pratique, mon engagement en tant que jeune se traduit par les activités que je mènent dans le domaine de la promotion de la culture de la paix, la protection de droit de l’enfant, la lutte contre le VIH/SIDA, la lutte contre les violences basées sur le genre. Mais aussi à travers les actions de plaidoyer que je mène dans le monde entier en faveur de l’enfance et de la jeunesse Centrafricaine.

Quels sont les attentes de la jeunesse de ton pays, de ta communauté ?

La jeunesse Centrafricaine veux vraiment que la paix durable revienne dans son pays, rien que la paix, car si elle règne, les jeunes auront la possibilité de s’épanouir et de contribuer d’une manière effective et positive au développement social et économique de la RCA.

En quoi la participation des jeunes est nécessaire pour nos sociétés d'aujourd'hui?

La participation de la Jeunesse est très capitale dans la question de la résolution des conflits, pour le rétablissement et la consolidation de la paix, car les jeunes font aussi partie des acteurs et des victimes des conflits qu’a connu notre pays. Donc, leur participation contribuera effectivement à la restauration et la consolidation de la paix en République centrafricaine.

Quelle est ta devise ou ta phrase/expression préférée?

L’Union fait la Force

As-tu un conseil ou un message à faire passer aux autres jeunes?

Mon message à la jeunesse du monde entier est le unique ; c’est celui de s’unir à travers nos différents domaines et de bâtir ce monde dont le futur nous appartient.


Source: http://www.voicesofyouth.org/en/posts/un-jeune--une-voix--bachir-nous-parle-du-conflit-en-centrafiqu...

Pour voir en chiffres de quelle façon nous engageons les jeunes pour un changement positif.
Engagement en chiffres
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Vêtue de son t-shirt U-Report, la bénévole Aisha Ibrahim parcourt les ruelles étroites de son quartier de Yakite, dans le 3e arrondissement de Bangui, avec pour mission d'inciter davantage d'enfants à aller à l'école en République centrafricaine. Elle arrive bientôt chez Amne, 7 ans, et sa sœur Fanne, 15 ans. Leur mère, Mariama Abakar, est fière d’annoncer que ses deux filles vont à l'école et obtiennent de bons résultats. Aisha écoute attentivement, encourageant et soutenant les élèves. Au début de l'année scolaire, elle a aidé à couvrir les frais d'inscription des filles à l'école, ainsi que d'autres dépenses essentielles telles que les uniformes scolaires et les fournitures. Aujourd'hui, elle est venue suivre leurs progrès scolaires et se réjouit de voir qu'elles obtiennent de bons résultats. « Je suis convaincue que chaque enfant a droit à l'éducation », dit-elle. « C'est pourquoi, depuis quelques années, je fais du porte-à-porte pour aider les familles qui n'ont pas les moyens d'envoyer tous leurs enfants à l'école. Les résultats sont encourageants. » Dans sa commune, Aisha est membre du groupe U-Reporters, composé de sept jeunes, quatre garçons et trois filles. Chaque volontaire verse 1 000 francs CFA (1,8 dollar) par mois. « Nous utilisons ces fonds pour couvrir les frais scolaires des familles vulnérables », explique Aisha. « Chacun d'entre nous parraine entre cinq et dix enfants. » Bien que cela puisse sembler une initiative modeste, des actions comme celles-ci, entièrement menées et financées par des jeunes, font une différence significative dans les communautés. Le 24 janvier, le monde célèbre la Journée Internationale de l'Education, qui reconnaît la scolarité comme un droit humain fondamental. Le thème de cette année, « Le pouvoir des jeunes dans la co-création de l'éducation », souligne le rôle essentiel que jouent les jeunes dans la mise en place d'opportunités d'apprentissage inclusives. Mariama Abakar, mère d'Amne et de Fanne, se souvient comment sa famille a été contrainte de fuir Bangui pendant les années de violences intercommunautaires qui ont laissé leur quartier déserté et de nombreux bâtiments réduits en cendres. Amne est née pendant cette période de déplacement à Kouango, une petite ville située à environ 400 kilomètres à l'est de Bangui. En 2020, grâce à l'amélioration de la situation sécuritaire, la famille a pu retourner dans la capitale. Aujourd'hui, ils vivent dans une petite maison pour laquelle ils paient 10 000 francs CFA par mois de loyer, un montant relativement modeste. Le mari de Mariama est au chômage, ce qui fait d'elle l'unique source de revenus du foyer. Elle tient un petit commerce au bord de la route où elle vend des petits pains, mais ses revenus suffisent à peine à couvrir les besoins essentiels de la famille. Bien que l'enseignement primaire soit officiellement gratuit en République centrafricaine (RCA), les familles à faible revenu comme celle de Mariama ont souvent du mal à assumer les frais supplémentaires tels que les frais d'inscription, les uniformes scolaires et les fournitures scolaires. Fanne est en dernière année d'école primaire. Sa matière préférée est l'éducation civique, et elle dit vouloir devenir députée. Elle et sa petite sœur se rendent chaque jour à pied à l'école, située à proximité de chez elles. « Je n'ai pas pu faire beaucoup d'études », explique leur mère Mariama, « mais je veux que mes filles aient les opportunités que je n'ai pas eues quand j'étais jeune. Surtout, je ne veux pas qu'elles se marient trop tôt, ce qui ruinerait leur scolarité. » L'UNICEF œuvre en RCA pour élargir l'accès à l'éducation et améliorer la qualité de l'enseignement, ce qui constitue une priorité essentielle du gouvernement. Dans toute la RCA, 129 groupes U-Reporters rassemblent plus de 57 000 jeunes engagés dans un large éventail de campagnes communautaires, notamment dans les domaines de la santé, du changement social et comportemental, de la propreté de l'environnement et de l'éducation. Les U-Reporters sensibilisent les parents, encouragent la scolarisation et rappellent aux communautés l'importance vitale de l'éducation pour l'avenir de chaque enfant. *Pour joindre U-Report en RCA, envoyez « UREPORT » ou « RCA » par SMS au numéro1415.